After Sixty Guides
Solide, stable et autonome
Édition de lecture gratuite
Programmes de trente jours
- Écrivez votre point de départ honnête : comment vous vous levez d'une chaise, à quel point vous vous sentez stable devant l'évier, jusqu'où vous marchez confortablement. Datez la note et gardez-la.
- Notez qu'il faut appeler votre médecin pour lui demander si un travail doux de force et d'équilibre vous convient, et si un kinésithérapeute vous serait utile. Si vous le pouvez, passez l'appel.
- Pendant une journée ordinaire, remarquez silencieusement chaque fois que vous vous levez d'une chaise. Comptez-les, approximativement. Vous serez surpris.
- Observez votre marche sur un trajet familier : votre distance confortable, et ce qui, le cas échéant, vous donne envie de vous asseoir ou de ralentir.
- Regardez-vous attraper quelque chose en hauteur et quelque chose en bas. Remarquez, sans forcer, où s'arrête l'aisance.
- Remarquez les trois flux de l'équilibre : tenez-vous au plan de travail, les deux mains posées dessus, et sentez votre oscillation tranquille. C'est votre équilibre au travail.
- Repos et réflexion. Repensez aux observations de la semaine. Qu'est-ce qui vous a le plus surpris à propos de votre propre corps ?
- Parcourez votre trajet de nuit du lit à la salle de bains et regardez-le honnêtement : zones sombres, obstacles au sol, tout ce que vous attraperiez.
- Regardez vos tapis et carpettes. Lesquels glissent ou rebiquent aux coins ? Notez le pire.
- Vérifiez l'éclairage de vos escaliers et de vos trajets de nuit. Où fait-il trop sombre pour se déplacer en sécurité ?
- Regardez votre salle de bains avec un œil neuf : où une barre d'appui aiderait-elle, et y a-t-il un tapis antidérapant dans la baignoire ?
- Vérifiez l'escalier que vous utilisez le plus : y a-t-il une rampe solide, que vous pouvez empoigner, sur toute la longueur ?
- Regardez vos chaussures et vos chaussons. Ceux que vous portez le plus tiennent-ils le pied avec une semelle qui accroche, ou sont-ils usés et glissants ?
- Repos et réflexion. Choisissez la correction la moins chère et la plus simple repérée cette semaine et, si c'est sûr et facile, faites-la, ou prévoyez qui pourrait la faire.
- Nommez les quatre gestes quotidiens au fil de la journée : lever, port, atteinte, rattrapage. Remarquez lesquels votre vie entretient et lequel s'est tu.
- Remarquez comment vous portez les choses. Faites-vous deux voyages ou demandez-vous de l'aide là où vous portiez seul autrefois ? Sans jugement, seulement en observant.
- Si votre médecin l'a validé, tenez-vous bien droit au plan de travail et remarquez simplement ce que fait un léger transfert de poids, les mains posées, prêtes. Si ce n'est pas validé, observez seulement la stabilité des autres.
- Remarquez un mouvement devenu raide — une épaule, votre cou — et observez son amplitude confortable sans la forcer.
- Apprenez une chose : lisez ou demandez à un professionnel la manière sûre de se relever du sol, et décidez de vous la faire enseigner en personne.
- Notez une situation d'équilibre précise qui vous inquiète — la douche, des marches mouillées, un lever rapide — pour l'apporter à votre médecin.
- Repos et réflexion. Lequel des quatre gestes aimeriez-vous le plus garder solide, et pourquoi compte-t-il dans votre vie ?
- Trouvez deux petites poches de temps dans votre journée — l'eau qui chauffe, une page de publicité — où une habitude douce pourrait un jour se loger.
- Choisissez une habitude quotidienne existante à laquelle accrocher un futur mouvement, pour ne pas dépendre de votre mémoire. Notez laquelle.
- Trouvez les coordonnées d'une ressource près de chez vous — le CCAS de votre mairie, le point d'information local pour les personnes âgées, un centre social ou un club de retraités — et notez-les. Les annuaires du portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr vous donnent les deux premiers.
- Remplissez votre cercle de soutien : un nom pour l'aidant patient, un pour le contact du quotidien, un pour la ressource locale, un pour le professionnel.
- Renseignez-vous sur un cours pour seniors près de chez vous — par exemple un atelier Équilibre de votre caisse de retraite, sur trouver-mon-activite.pourbienvieillir.fr. Notez où et quand il a lieu et qui l'anime. Ne vous engagez pas, regardez seulement.
- Préparez votre première vraie conversation avec un médecin ou un kinésithérapeute ; ou, si elle a déjà eu lieu, préparez l'étape suivante qu'ils ont proposée.
- Dites à une personne ce que vous êtes en train de faire et demandez-lui de prendre de vos nouvelles de temps en temps. Le soutien garde les habitudes en vie.
- Relisez la note de départ du jour 1. Remarquez tout ce qui est déjà un peu plus facile, et pardonnez ce qui ne l'est pas.
- Écrivez-vous un plan court et bienveillant : la ou les deux choses que vous continuerez, un moment d'accroche pour chacune, le professionnel que vous verrez ou reverrez, et la règle permanente selon laquelle une douleur, une douleur dans la poitrine, un essoufflement ou un vertige signifient toujours qu'on s'arrête. Posez une date de bilan sur le calendrier, dans un mois.
Les mots à dire
Fiches, formulations et cadres réutilisables
Imprimez-les, recopiez-les à la main, ou gardez-les dans une note. Elles sont à vous, à utiliser et à réutiliser.
Liste de contrôle : la sécurité du logement
Parcourez votre logement comme un inconnu prudent qui le découvre. Cochez chaque point, et rappelez-vous qu'un ergothérapeute peut faire ce bilan correctement et repérer ce qui vous échappera.
Sols et passages - Tapis et carpettes fixés solidement ou retirés - Fils et encombrement dégagés des chemins de passage - Trajets de nuit, surtout du lit à la salle de bains, laissés libres
Éclairage - Veilleuses le long des trajets de nuit - Une lampe accessible depuis le lit - Une lumière suffisante dans tous les escaliers - Des interrupteurs atteignables sans s'étirer
Salle de bains - Barres d'appui correctement posées (fixées dans le mur porteur, par quelqu'un qui sait le faire) près des toilettes et dans la douche ou la baignoire - Tapis antidérapant dans la baignoire ou la douche - Siège de douche si rester debout fatigue ou déstabilise
Escaliers - Une rampe solide que vous pouvez empoigner, si possible des deux côtés, sur toute la longueur - Des marches libres de tout ce qui a été posé « juste un instant » - Des nez de marche bien visibles
Chaussage - Des chaussures qui tiennent le pied, avec une semelle qui accroche, à l'intérieur comme à l'extérieur - Chaussons usés, glissants ou lâches remplacés
Ce que vous pouvez dire à votre médecin avant de commencer
« J'aimerais commencer un travail doux de force et d'équilibre pour rester autonome. Compte tenu de ma santé, est-ce sans danger pour moi, et y a-t-il des choses à éviter ? Un kinésithérapeute pourrait-il faire un bilan et me mettre en route en sécurité ? Et y a-t-il des causes traitables au fait que je me sente plus faible ou moins stable depuis quelque temps ? »
Apportez votre note de départ et vos inquiétudes précises. Cette seule conversation est l'étape la plus protectrice de tout le livre.
Ce que vous pouvez demander sur un cours ou un intervenant
« Quelle formation avez-vous, et avez-vous travaillé avec des personnes âgées, y compris avec [votre situation : maladie du cœur, ostéoporose, chutes passées] ? Comment adaptez-vous pour quelqu'un qui doit y aller doucement ? Chacun peut-il travailler à son niveau ? »
Un intervenant qualifié accueille ces questions. Celui qui les balaie ou promet des résultats spectaculaires vous dit d'aller voir ailleurs.
Comment demander à vos proches le bon type d'aide
« Je n'ai pas besoin que tu le fasses à ma place ni que tu me surveilles. Ce qui m'aiderait vraiment, c'est [que tu m'emmènes au cours / que tu m'aides à faire poser une barre d'appui correctement / que tu prennes de mes nouvelles une fois par semaine]. Laisse-moi faire le mouvement moi-même, à mon rythme. »
Les signaux d'arrêt (gardez-les sous les yeux)
Arrêtez de bouger, asseyez-vous et faites-vous aider immédiatement si vous ressentez : 1. Une douleur, surtout vive ou soudaine 2. Une douleur ou une oppression dans la poitrine 3. Un essoufflement au-delà de l'effort ordinaire 4. Un vertige, un étourdissement ou l'impression de défaillir
Une douleur dans la poitrine ou un essoufflement véritable qui ne passent pas rapidement sont une urgence : appelez le 15 (SAMU) ou le 112. Ces signaux n'expirent jamais, quelle que soit l'année, quel que soit votre niveau.
Fiche : votre cercle de soutien
Vous n'avez à faire aucune partie de tout cela seul. Inscrivez un nom par cercle.

- Vous-même (celui qui décide du rythme, et le centre de tout) : ______________________
- Le proche patient (un trajet en voiture, un coup de main pour faire poser quelque chose correctement, sans lever les yeux au ciel) : ______________________
- Le contact du quotidien (un appel régulier, quelqu'un qui remarquerait votre silence) : ______________________
- La ressource locale (CCAS de votre commune, point d'information local pour les personnes âgées, centre social, club de retraités, médiathèque) : ______________________
- Le professionnel (médecin traitant, kinésithérapeute, ergothérapeute, pour tout ce qui compte vraiment) : ______________________
Fiche mémo
Recopiez ceci sur une fiche à garder dans le tiroir près de votre fauteuil, ou dans une note sur votre téléphone.

Ce qui vous garde autonome : la force (se lever, porter, attraper, se rattraper), l'équilibre (un savoir-faire qui se reconstruit), la mobilité (une amplitude confortable) et l'endurance (la marche). Tous répondent à un usage doux et régulier.
Avant de commencer quoi que ce soit : parlez à votre médecin, surtout avec une maladie du cœur, une opération récente, des vertiges, de l'ostéoporose ou des antécédents de chute. Demandez si un kinésithérapeute vous serait utile ; en France, cela se fait sur sa prescription.
La règle d'or : ce livre donne les idées ; un professionnel donne la bonne exécution et la bonne quantité. Faites vérifier votre façon de bouger par quelqu'un qui peut vous voir.
Doux bat dur : la régularité plutôt que l'intensité, le petit plutôt que l'héroïque, la plupart des jours plutôt que la perfection. Le plan ennuyeux est celui qui dure.
Le logement compte : la plupart des chutes ont lieu chez soi, l'endroit que vous maîtrisez. Fixez les tapis, ajoutez de la lumière, dégagez les passages, faites poser correctement les barres d'appui.
Signaux d'arrêt, toujours : douleur, douleur ou oppression dans la poitrine, essoufflement, vertige. Asseyez-vous et faites-vous aider. Les signes de la poitrine et un vrai essoufflement qui ne passent pas sont une urgence.
Après un coup d'arrêt : un creux n'est pas une fin. Refaites le point avec votre médecin, et sachez que reprendre le terrain va plus vite que de le gagner la première fois.
Jamais trop tard : on devient plus fort et plus stable à quatre-vingts ans passés. Le deuxième meilleur moment pour commencer, c'est maintenant.
En cas d'urgence : le 15 pour le SAMU, le 112 pour les secours. Pour des pensées suicidaires, le 3114, gratuit, 24 heures sur 24.
Les questions vraiment posées
Et si le regard honnête montre que j'ai perdu plus que je ne le craignais ?
Alors vous avez appris la chose la plus utile possible au meilleur moment possible, et vous la portez directement à un médecin et à un kinésithérapeute, qui voient cela tous les jours et en ont vu de bien pires se redresser. Perdre du terrain n'est pas la même chose que ne pas pouvoir le reprendre. Ceux qui récupèrent le plus sont en général ceux qui ont regardé tôt et honnêtement, pas ceux qui ont attendu qu'une chute tranche la question.
Si je fais déjà ces mouvements tous les jours, pourquoi faudrait-il les travailler ?
Parce que « faire » et « entretenir » ne sont plus la même chose une fois qu'un geste commence à glisser. Si se lever d'une chaise est déjà devenu difficile, vous allez naturellement commencer à l'éviter, à pousser avec les bras, à rester assis plus longtemps, et chaque évitement fait un peu plus fondre la force qui manque. Un travail doux et volontaire, guidé par un professionnel, interrompt cette glissade. Vous n'apprenez pas tant un nouveau savoir-faire que vous refusez d'abandonner sans bruit un ancien.
J'ai peur de me blesser en essayant de me renforcer. N'est-il pas plus sûr de simplement faire attention ?
Prudent, c'est bien ; figé, non. La réalité, appuyée par la recherche, est qu'un travail de force doux et bien enseigné est l'une des choses les plus sûres et les plus utiles que la plupart des personnes âgées puissent faire, et qu'éviter tout effort tend à rendre les chutes et la fragilité plus probables, pas moins. La sécurité vient de trois choses : l'accord de votre médecin, un professionnel qui vous enseigne la bonne exécution, et votre propre volonté d'arrêter dès que quelque chose fait mal. Avec ces trois-là, le mouvement est bien plus sûr que l'affaiblissement lent qui vient de l'évitement.
Je me sens instable dès que je ferme les yeux ou qu'il fait sombre : est-ce normal, et est-ce dangereux ?
C'est extrêmement fréquent, parce que fermer les yeux supprime l'un des trois flux, et si votre oreille interne et vos pieds se sont un peu endormis, vous vous appuyez lourdement sur la vue sans le savoir. Savoir si c'est dangereux, et ce qu'il faut en faire, est une vraie question médicale, pas une question de livre, car cela peut aussi révéler un souci d'oreille interne ou de tension qui mérite un examen. Parlez-en à votre médecin. C'est le genre de détail précis et utile qui l'aide à vous aider, et cela peut très bien se soigner.
Est-il trop tard pour retrouver mon équilibre si j'ai passé des années à faire attention et à me tenir ?
Presque certainement pas, même si l'ampleur de ce qui revient dépend de la raison pour laquelle il s'est effacé — d'où l'importance du bilan. L'équilibre répond à une pratique douce à presque tout âge, et ceux qui se tiennent depuis des années retrouvent souvent une stabilité appréciable une fois qu'un kinésithérapeute a relancé le savoir-faire en sécurité. Tard n'est pas la même chose que jamais. Cela veut seulement dire commencer prudemment, avec de l'aide, à partir de là où vous êtes vraiment.
Combien de marche faut-il, et à quelle vitesse ?
Ces chiffres précis sont exactement ce que ce livre ne vous donnera pas, parce que la bonne quantité et la bonne allure dépendent de votre cœur, de vos articulations, de votre condition physique actuelle et de vos objectifs, et les prendre dans une page plutôt que chez un professionnel est la façon dont on en fait trop ou dont on gaspille ses efforts. Demandez à votre médecin. Une réponse courante et sensée est « commencez en dessous de ce que vous croyez pouvoir faire, la plupart des jours, et laissez cela grandir lentement », mais laissez celui qui connaît votre santé donner à cela une forme concrète.
Est-ce mauvais d'être essoufflé, ou dois-je m'arrêter dès que je le suis ?
Il y a une différence, et l'apprendre fait partie de la marche en sécurité. Un léger essoufflement qui vous laisse encore parler par phrases courtes n'est généralement que de l'effort, ordinaire et sans problème pour la plupart des gens. Mais une douleur ou une oppression dans la poitrine, un essoufflement bien au-delà de l'effort fourni, un vertige ou l'impression que vous allez vous évanouir sont des signaux d'arrêt et d'appel à l'aide, pas des moments à surmonter ; si cela ne passe pas vite, appelez le 15 ou le 112. Si vous ne savez pas où se situe votre propre limite, surtout avec des antécédents cardiaques ou pulmonaires, c'est une question pour votre médecin avant de marcher, pas une chose à tester seul.
Je suis le plus raide le matin : est-ce que cela veut dire que quelque chose ne va pas ?
Une raideur matinale qui se dissipe à mesure qu'on bouge est très fréquente et souvent sans gravité, mais une raideur intense, qui dure longtemps, qui s'accompagne d'un gonflement ou d'une chaleur dans l'articulation, ou qui est nouvelle et s'aggrave, mérite d'être signalée à votre médecin, car cela peut désigner des choses qui se soignent. Ne posez pas de diagnostic à partir d'un livre. Décrivez-la simplement à votre médecin — quand elle survient, combien de temps elle dure, ce qui la soulage — et laissez-le vous dire si c'est la sorte ordinaire ou la sorte qui demande attention.
J'ai peur d'être seul au cas où je tomberais, et cela rétrécit ma vie. Que puis-je faire concrètement ?
C'est réel et fréquent, et cela mérite une vraie réponse en deux parties. La partie pratique : un dispositif de téléassistance ou un téléphone gardé sur soi, une habitude d'appel avec quelqu'un, et un plan pour le sol peuvent retirer le tranchant de la peur du « et si personne ne vient », et ce soulagement seul libère déjà. La partie plus profonde : travaillez avec votre médecin et un kinésithérapeute la force et l'équilibre qui rendent la chute moins probable, parce que rien n'apaise cette peur comme le fait de se sentir réellement plus stable. Traitez à la fois le filet et la stabilité, et la peur relâche en général sa prise.
Je suis tombé une fois sans me faire mal : dois-je vraiment en faire toute une histoire et voir un médecin ?
Oui, s'il vous plaît, et même — surtout — si vous n'avez rien eu. Une chute sans blessure est un cadeau : un avertissement sur lequel vous pouvez agir avant celui qui fait mal. C'est le moment idéal pour que votre médecin cherche les causes traitables — tension, médicaments, équilibre, vision — avant que l'empilement de petits facteurs ne produise une issue plus grave. En faire « toute une histoire » maintenant, c'est exactement ainsi que les gens réfléchis évitent la chute sérieuse plus tard. Ce n'est pas de la faiblesse. C'est de la prévoyance.
Je ne veux pas que mon logement ressemble à une maison de retraite. Puis-je le garder tel qu'il est ?
Absolument, et presque tout ce qui compte est quasiment invisible. Un tapis fixé ressemble à un tapis. Un bon éclairage ressemble à un bon éclairage. Des passages dégagés ont juste l'air rangés. Même les barres d'appui existent aujourd'hui dans des modèles qui passent pour des porte-serviettes et se fondent dans une salle de bains ordinaire. La sécurité et un logement qui vous ressemble ne s'opposent pas : les changements qui comptent le plus sont ceux que personne ne remarquerait, sauf vous, quand vous cesserez de trébucher dessus.
Qui peut m'aider à savoir ce dont mon logement a besoin, surtout si l'argent est compté ?
Parlez à votre médecin d'un ergothérapeute, formé à évaluer un logement du point de vue de la sécurité et souvent au courant de ce qui est pris en charge ou peu coûteux près de chez vous. Côté public, le CCAS de votre commune est le premier guichet : il connaît les aides locales, la téléassistance, le portage de repas et l'aide à domicile. Il existe aussi dans chaque département un point d'information local dédié aux personnes âgées — appelé CLIC ici, « point info autonomie » ou « service seniors » ailleurs, le nom change d'un département à l'autre, ce qui déroute tout le monde — dont le rôle est précisément de faire le point avec vous, gratuitement, et de vous orienter. Vous trouverez le vôtre, ainsi que votre CCAS, dans les annuaires du portail public pour-les-personnes-agees.gouv.fr ; le portail conseille d'appeler avant de vous déplacer, car un rendez-vous est parfois nécessaire. Le conseil départemental gère l'APA et coordonne le soutien à l'autonomie, et votre caisse de retraite propose parfois des aides à l'adaptation du logement. Vous n'avez pas à démêler cela seul ni à payer une fortune : l'aide pour exactement ce sujet existe presque partout, et un professionnel repérera des dangers que vous ne voyez plus depuis longtemps.
J'arrête et je recommence sans arrêt. Comment faire pour que ça tienne enfin ?
En rendant la reprise totalement indolore et attendue, plutôt qu'une occasion de culpabiliser. Ceux qui « tiennent » ne sont pas ceux qui ne s'arrêtent jamais — tout le monde s'arrête parfois — ce sont ceux qui ont rendu la reprise si facile et si dénuée de culpabilité qu'une interruption n'est qu'une pause, pas une fin. Réduisez la chose quotidienne jusqu'à ce qu'elle soit presque insignifiante, attachez-la à une habitude existante, et traitez chaque reprise comme le fonctionnement normal du plan, pas comme la preuve d'un échec. La persistance n'est en réalité qu'une reprise facile.
Je n'ai pas une minute. Quand suis-je censé faire ça ?
Vous ne trouverez probablement pas de créneau libre, peu de gens en trouvent, alors la réponse n'est pas de trouver du temps mais de cacher le mouvement dans le temps que vous passez déjà, comme Daniel. L'attente, l'eau qui chauffe, la page de publicité, le trajet jusqu'à la boîte aux lettres. Un plan durable pour une vie chargée n'est pas une heure ajoutée ; c'est une poignée de petites choses glissées dans une journée déjà pleine. Un kinésithérapeute qui comprend votre emploi du temps réel peut vous aider à trouver ces poches.
Comment savoir si un cours ou un intervenant est vraiment qualifié et adapté à moi ?
Demandez directement : un bon intervenant accueille la question. Demandez quelle formation il a, s'il a travaillé avec des personnes âgées et avec votre type de situation — maladie du cœur, ostéoporose, chutes passées, ce qui vous concerne — et comment il adapte pour quelqu'un qui doit y aller doucement. Puis validez avec votre médecin. Un intervenant qualifié vous parlera volontiers de son parcours et voudra connaître vos limites ; celui qui balaie ces questions ou promet des résultats spectaculaires vous dit d'aller voir ailleurs.
La kinésithérapie, cela paraît réservé à l'après-blessure. Est-ce vraiment pour quelqu'un comme moi ?
C'est aussi pour la prévention, pas seulement pour la récupération, et c'est l'un des secrets les mieux gardés du domaine. Beaucoup de gens voient un kinésithérapeute précisément pour rester forts et stables et éviter la blessure. En France, cela passe par votre médecin, qui juge de l'indication et rédige la prescription ; c'est la première question à lui poser. Et même quelques séances pour vous évaluer et vous enseigner un programme sûr et personnalisé que vous ferez ensuite seul peuvent valoir très cher. Vous n'avez pas besoin d'être cassé pour en tirer profit.
Je suis sur un plateau, je ne progresse plus. Cela veut-il dire que j'ai atteint ma limite ?
Presque jamais, et les plateaux sont une partie normale et attendue du long terme, pas un mur. Parfois votre corps consolide des gains que vous ne voyez pas encore ; parfois le mouvement a besoin d'un ajustement doux qu'un kinésithérapeute peut suggérer ; parfois vous êtes en train d'entretenir une force durement acquise, ce qui est en soi une réussite réelle et digne, pas un échec. Un plateau est un plateau, pas un plafond. S'il vous inquiète ou s'il s'éternise, c'est une bonne raison de revoir un professionnel, qui peut d'ordinaire vous aider à trouver la prochaine étape douce.
J'ai quatre-vingts ans passés et je commence tout juste. Est-ce que cela sert vraiment, ou est-il trop tard pour moi ?
Cela sert vraiment, et il n'est pas trop tard : c'est l'une des choses les mieux établies sur le mouvement et le vieillissement. Des personnes qui commencent un travail doux et bien encadré de force et d'équilibre à quatre-vingts ans et au-delà deviennent couramment plus fortes et plus stables et abaissent leur risque de chute, de façon significative. Les progrès viennent à leur rythme, et ils doivent être recherchés en sécurité, avec l'accord d'un médecin et l'encadrement d'un professionnel, mais ils sont réels. Le meilleur moment pour commencer, c'était il y a des années. Le deuxième meilleur, sincèrement, c'est maintenant.
Les mots que ce livre éclaircit
- Équilibre
- le travail constant et pour l'essentiel inconscient par lequel votre corps vous maintient debout, en s'appuyant sur votre oreille interne, vos yeux et les capteurs de vos pieds et de vos articulations. Un savoir-faire qui s'efface faute d'usage et se reconstruit par une pratique douce.
- Endurance
- la capacité de continuer — marcher, bouger — sans devoir s'arrêter pour récupérer. Étroitement liée à votre cœur et à vos poumons.
- Risque de chute
- l'empilement de facteurs — faiblesse, équilibre médiocre, dangers domestiques, médicaments, vision — qui rendent ensemble une chute plus ou moins probable. La plupart peuvent être réduits. Votre médecin peut évaluer le vôtre.
- Mobilité (amplitude articulaire)
- jusqu'où vos articulations peuvent bouger confortablement. L'amplitude perdue vient souvent d'articulations qu'on ne mène plus au bout de leur course, et le mouvement doux aide à la préserver.
- Ergothérapeute
- un professionnel qui évalue votre logement et vos gestes quotidiens du point de vue de la sécurité et recommande des changements et des aides techniques.
- Kinésithérapeute (masseur-kinésithérapeute)
- un professionnel qui évalue votre façon de bouger, trouve vos faiblesses précises et conçoit un travail de force et d'équilibre sûr et personnalisé, en vous enseignant la bonne exécution. Pour la plupart des lecteurs, le professionnel le plus précieux de ce livre. En France, on y accède normalement sur prescription du médecin.
- Force
- la capacité de vos muscles à produire un travail — soulever, se lever, porter, se rattraper. Elle se construit et se garde par un usage doux et régulier.
- Passage assis-debout
- le geste ordinaire de se lever d'une chaise, l'un des mouvements les plus importants pour l'autonomie, et l'un de ceux qu'un kinésithérapeute fait couramment travailler en sécurité.
- APA (allocation personnalisée d'autonomie)
- l'aide départementale qui peut financer une partie du plan d'aide à domicile d'une personne âgée en perte d'autonomie. Le dossier se monte auprès du conseil départemental, souvent avec l'aide du CCAS ou du point d'information local.